CK/Mer : les Glénan, toujours aussi magiques !
CK/Mer : les Glénan, toujours aussi magiques !
Samedi 25 avril 2026
Les photos non signées Pascal J Yanike kayak sont de Jean Drouglazet.
Depuis plusieurs années, Jean et moi proposons aux adhérents et sympathisants de l'association CK/Mer (www.ckmer.org) une découverte de l'archipel des Glénan en kayak de mer.
Cette année, la date initialement choisie était le week-end du 11 et 12 avril. Malheureusement les conditions météo prévues n'ont pas permis la traversée vers l'archipel.
Nous avons heureusement réussi à reporter cette randonnée au week-end du 25 et 26 avril.
Cette fois-ci, la météo s'annonce beaucoup plus engageante : du soleil, pas de pluie, peu de vent.
Ce samedi matin, nous sommes donc 12 kayakistes originaires de Rochefort, Roscoff, Quimper, Esquibien, Les Sables d'Olonne, Moëlan-sur-Mer, Beg-Meil, à nous retrouver au port de Beg-Meil :
Cécile, Lionel, Marie, Sophie, Thierry, Pierre, Laurent, Jean-Pierre, Dominique, Charles, Jean et moi (Pascal).
Après avoir chargé nos kayaks, réalisé un petit brief sur le programme du week-end et fait un petit échauffement dirigé par Pierre, nous embarquons vers 10h00.
Nous longeons la magnifique côte de Beg-Meil sur un demi-mille nautique, et nous arrivons à la pointe de Beg-Meil.
Je contacte le sémaphore par VHF pour les informer de notre navigation.
Nous entamons la traversée vers l'île des Moutons sur une mer d'huile.
La navigation est très agréable, nous croisons quelques méduses de très grande taille.
Nous arrivons devant l'île des Moutons.
Depuis le 1er avril, le débarquement y est interdit afin de protéger les oiseaux.
Quelques bateaux sont au mouillage.
Un phoque curieux vient jouer avec la poignée d'un kayak.
J'échange avec Julie, la gardienne du site. Elle, ainsi que Louis, sont volontaires en Service Civique de Bretagne Vivante.
L'île, véritable sanctuaire pour la faune sauvage, accueille chaque année au printemps de nombreuses espèces d’oiseaux nicheurs.
La Sterne de Dougall, extrêmement rare et classée en danger critique d’extinction, y trouve l’un de ses seuls sites de reproduction en France, tandis que la Sterne Pierregarin et la Sterne Caugek se reproduisent en centaines de couples.
D’autres espèces emblématiques, comme le Gravelot à collier interrompu, l’Huitrier pie, le Goéland argenté ou le Pipit maritime, trouvent également refuge sur l’île.
Julie me signale la présence de nids de gravelots sur la plage près de la cale.
Lionel, qui a trop chaud, se rafraîchit en exécutant un balance brace.
Le phare de l'île aux Moutons fut construit entre 1877 et 1879, et a été automatisé en 1983.
Habité dès 1879 ; plusieurs familles y ont vécu, dont les Quéméré, présents 26 ans avec leurs dix enfants.
On imagine la cour de récréation faite de rochers, de goémon et de vent.
Le ravitaillement arrivait parfois avec des semaines de retard, alors la famille vivait en autonomie totale : potager, poules, pêche, conserves maison.
Dans les années 1970, l’île était un paradis pour la sterne de Dougall, espèce rare.
Mais les premières éoliennes installées pour alimenter le phare ont provoqué des collisions mortelles. Les ornithologues ont tiré la sonnette d’alarme, et en 2006, les éoliennes ont été remplacées par 60 panneaux solaires.
Nous mettons le cap au 185, en direction de Castel Braz.
La houle est un peu plus présente, la navigation sur ces pentes d'eau est un vrai régal !
Cette houle va nous empêcher de débarquer sur Castel Braz pour pique-niquer.
Mais quel magnifique spectacle nous offrent ces vagues qui viennent s'écraser sur les rochers, dans la lumière du soleil et dans un bruit assourdissant !
Quel contraste avec le calme de la navigation pour venir ici !
Cap à l'Est pour rejoindre la plage nord-ouest de l'île Saint-Nicolas.
Nous laissons le vieux phare du Huic à bâbord.
Nous débarquons pour pique-niquer.
La magie des Glénan est toujours là : sable blanc, eau turquoise ou émeraude ... on se croirait aux Caraïbes !
Dominique en est tellement convaincu ... qu'il prend un bain, dans une eau plutôt froide !
Après le repas et une petite sieste, nous repartons vers l'Est pour contourner l'île de Bananec et traverser la "chambre" vers Fort Cigogne.
Le fort a récemment été restauré.
Pourquoi Cigogne ?
Dans le livre -Les Glénan, histoire d’un archipel- éditions Palantines, Louis-Pierre Le Maître donne une explication : avant la construction du Fort, le rocher qui dominait la Chambre (la principale anse intérieure de l’archipel) devait avoir sept coins, (seiz Kogn), d’où cigogne.
Construit au XVIIIe siècle, le fort fut édifié pour interdire le mouillage de la chambre à Saint-Nicolas aux corsaires anglais qui guettaient, à l’abri des îles, l’arrivée des navires au large et avaient ensuite toutes les facilités pour les arraisonner.
Les travaux, débutés en 1755, ne furent jamais achevés.
Les canons ne peuvent envoyer leurs boulets à plus de quelques centaines de mètres, or c'est précisément la distance qui sépare Cigogne de Penfret ou les corsaires anglais continuent de couler des jours heureux. Ils ont d'ailleurs conclu un accord avec la garnison de Cigogne : "vous laissez nous tranquilles et nous ne tirent pas sur les bateaux qui approvisionnent vous..."
Bien à l'abri les anglais vont faire de Penfret la plus riche des îles de l'archipel. Ils y construisent deux cales et creusent un troisième puits.
La garnison de Cigogne compta une centaine d'hommes, mais les conditions de vie particulièrement difficiles et l'insalubrité conduisirent quelques années plus tard à désaffecter le fort.
La tour qui surmonte le fort a, quant à elle, été construite en 1911 pour servir d’amer. Un point de repère encore bien utile aux nombreux plaisanciers qui font escale dans l’archipel.
Elle permettait notamment d’étalonner la vitesse des bateaux entre l’île de Groix et l’île Cigogne.
Déclassé en 1891, le fort accueillit un observatoire météorologique de 1891 à 1940.
De 1940 à 1944, il fut occupé par l’armée allemande et régulièrement utilisé comme logement saisonnier par des pêcheurs de 1891 à 1974.
Depuis 1957, il est loué par le centre nautique des Glénan.
Fort Cigogne a été classé au titre des Monuments historiques en 2013. Il est propriété de l’État, qui l’a affecté au Conservatoire du littoral en 2015.
Le fort fait également partie des quatorze monuments bretons retenus dans le cadre de la Mission 2018 « patrimoine en péril » confiée à Stéphane Bern.
Les travaux de restauration ont commencé en automne 2018 et devaient se terminer en 2022. La crise Covid a occasionné du retard.
Réhabilité après six ans de travaux, le Fort Cigogne a été inauguré le 12 septembre 2024.
Nous quittons Fort Cigogne pour la pointe nord de l'île du Loc'h, où nous accostons.
Les gardiens de l'île nous accueillent avec bienveillance.
L'île, la plus grande de l'archipel avec ses 58 hectares et son étang de 4 hectares, est la propriété de la famille Bolloré.
C'est une île 100% énergie renouvelable : 90 panneaux solaires au sol, 35 en toiture et une éolienne de 12 mètres chargent des batteries.
La distribution d'eau est assurée à partir de cuves de stockage, remplies par pompage d'eau de mer ou étang et désalinisée, ainsi que par récupération des eaux de pluie.
Nous nous promenons sur la côte ouest, jusqu'à la première crique.
L'île du Loc'h accueille historiquement la plus grande colonie mixte de goélands de l'archipel.
C'est aussi ici que commença l'aventure de l'école de voile, après la 2ème guerre mondiale, sous l'impulsion d'Hélène et Philippe Viannay, amis de la famille Bolloré qui mettra à disposition quelques tentes et son île.
Au loin, nous apercevons les restes d'une cheminée.
Le four industriel du Loc’h et sa cheminée ont été construits par le baron Fortuné Halna du Fretay en 1874 afin de moderniser la technique de brûlage des algues.
Véritable usine de combustion, il présentait l’avantage de pouvoir brûler du goémon non-séché au préalable et en quantité beaucoup plus importante.
Ce nouveau four était complémentaire aux fours en tranchées, toujours utilisés sur les îles.
Le brûlage du goémon est devenu obsolète avec le développement d’autres techniques de production d’iode et le four du Loc’h n’a fonctionné que quelques années. À partir de 1883, les habitants de l’archipel ne s’en serviront que comme amer pour la navigation.
Nous repartons vers l'Ouest pour contourner l'île de Drénec.
Nous naviguons au-dessus des champs d'algues.
Etape finale de notre journée : débarquement à la cale de l'île Saint-Nicolas.
Nous faisons un portage pour rejoindre le gîte le Sextant, où nous serons hébergé pour la nuit.
Au programme de la soirée : rangement, apéro dans un cadre magnifique, repas, balade sur l'île ... avant une nuit récupératrice.
Aujourd'hui, nous avons parcouru 13,5 milles nautiques.
Dimanche 26 avril 2026
Réveil à 7h00.
Balade matinale, petit-déjeuner puis échauffement musculaire sous la direction de Pierre.
Après un nouveau portage vers la cale, nous embarquons vers 9h00.
Nous naviguons dans la chambre, vers l'Est.
Le vent vient de l'Est, le soleil est un peu voilé.
A bâbord, le tombolo séparant l'île de Saint-Nicolas et l'île de Bananec, et sa rangée de mâts "plantés" dans le sable.
A tribord, Fort Cigogne.
Nous voici devant l'îlot de Guéotec.
Autrefois, les fermiers de Penfret utilisaient Guéotec comme pâturage pour leurs animaux, notamment des moutons. Cette pratique était courante sur les îles de l’archipel, où l’isolement permettait de garder les troupeaux en sécurité.
L’îlot est aujourd’hui surmonté d’une tour blanche étroite, qui sert d’amer.
Le cercle qui surmontait la structure est tombé suite à une tempête.
Nous contournons l'île de Penfret par le sud, et apercevons l'ancien sémaphore.
Construit entre 1860 et 1866, celui-ci fut désarmé en 1963 et ensuite loué à l’école de voile des Glénans.
Nous longeons la côte Est de Penfret, et passons la pointe de Pen a Men, avant de débarquer sur la plage au nord-ouest de l'île.
Une balade vers le phare s'impose. La vue sur l'archipel est splendide.
Le bleu limpide de la mer rappelle les lagons tropicaux, ce qui vaut souvent aux Glénan le surnom de "petites Caraïbes bretonnes".
Le calme de la mer, les voiliers immobiles, et le ciel dégagé créent une atmosphère de tranquillité absolue, presque méditative.
Ici, le temps suspend son vol.
Chaque clapotis est une caresse, chaque embarcation, une promesse d’évasion.
Et le silence, lui, n’est jamais vide, il est peuplé de souvenirs iodés et de rêves d’écume
Nous voici devant le phare et le fort de Penfret.
L'association Plein Phare sur Penfret, présidée par Jean Le Cam, a pour objectif, depuis 2012, de réhabiliter et mettre en valeur le patrimoine du phare et du fort. Ils ont déjà réalisé un travail remarquable.
Le fort est construit de 1841 à 1847. En 1842, une batterie semi-circulaire avec un réduit rectangulaire intègre le phare existant. L’enceinte crénelée du fort devient ainsi le soubassement du phare.
Le phare présente une hauteur au-dessus de la mer de 38 m. Sa taille générale est de 24,20 m pour une hauteur de l’optique à 22 m. Il a été électrifié en 1951 puis automatisé le 30 avril 1993. Sa portée est de 21 milles.
La batterie avec ses huit canons prend place en contrebas du phare. En 1889, les forts de Penfret et Cigogne sont déclassés, et Penfret placé sous la responsabilité des Phares et balises.
Les allemands occupent le site pendant la deuxième guerre mondiale.
Notre balade sur l'île nous amène ensuite vers l'ancienne maison des gardiens du phare.
Nous apercevons les locaux occupés par l'école de voile des Glénan.
Nous pique-niquons sur la plage, puis nous embarquons direction l'îlot de Guiriden.
Guiriden (ou Guirinzab, l’île aux Sables), se compose de deux parties rocheuses reliées par un banc de sable que la mer ronge sans cesse.
Y débarquer sous le soleil nous permet de profiter d'un point de vue exceptionnel sur l'archipel.
Aujourd'hui nous avons la chance d'y être seuls..
Vers 13h00, nous partons de Guiriden, en direction de Beg-Meil.
Nous arrivons au port de Beg-Meil à 15h30, après avoir contacté le sémaphore pour les informer de la fin de notre randonnée.
Nous avons parcouru 12,6 milles nautiques.
Après avoir ramassé notre matériel, nous prenons la direction du sémaphore.
Lors de nos navigations, nous contactons souvent celui-ci par VHF.
Nous organisons cette visite pour mieux faire connaître les missions des guetteurs, qui sont "les yeux" du CROSS (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage).
Malheureusement une brume de mer arrivée soudainement nous empêche de profiter de la vue des Glénan avec les jumelles.
Le week-end se termine chez Jean, qui a la gentillesse de nous offrir le pot de l'amitié.
Sur ces deux jours nous avons pu profiter des beautés et des différentes ambiances de l'archipel.
La météo, élément essentiel pour nous, a été idéale.
Et quel bonheur de partager ces moments avec une telle équipe !
Bonne humeur, convivialité, solidarité, partage ... tout l'esprit CK/Mer.
Merci à tous les participants.
Merci aux guetteurs du sémaphore et pour leur accueil.
Merci à Ronan et son épouse pour leur gentillesse et leur accueil au Sextant.
Vive le kayak !
Vive CK/Mer !
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